Mère Bernard
(Vénérance Morin-Rouleau)

Qui êtes-vous?

 

 

 

De l'union de Jacques Morin et Marie-Françoise Rouleau, résidants de St-Henri de Lauzon, naquit en 1832 une nouvelle enfant prénommée Vénérance. Cette famille patriarcale attachait une grande importance à la formation chrétienne des quatorze enfants qui la composaient.

 

Jacques Morin
Françoise Rouleau

 

 

 

 

 

Ayant remarqué, chez Vénérance, une vive intelligence et un caractère énergique, sa maman lui inspira, encore toute petite, le respect et l'amour des pauvres.

En mai 1850, accompagnée de son père, elle quitta son foyer et entra dans la nouvelle Congrégation de la Providence, désireuse de se consacrer au soin des plus démunis.

Novice, sous le nom de Sœur Bernard, elle communiqua à sa Mère-maîtresse ce qu'elle croyait entendre le Seigneur lui dire: "Tu ne jouiras pas longtemps de la vue ni de la compagnie de ces sœurs…Tu iras à une terre lointaine, où tu devras te mettre à mon service…Tu ne feras pas profession dans cette maison, et on changera cet habit religieux que tu aimes tant."

Couvent
de Sorel

 
Signes prophétiques - "Tu ne jouiras pas longtemps de la vue…" Novice, elle fut envoyée à Sorel, et le 22 août 1852, elle y fit sa profession religieuse. "Tu iras à une terre lointaine…" Elle était la plus jeune des cinq premières missionnaires qui s'éloignèrent du berceau de la jeune Congrégation.

Elles arrivèrent en Oregon, le 1er décembre 1852…mais, pour la Providence, le temps n'était pas encore venu. Mille contretemps survinrent et il fut décidé de retourner au Canada. Mais comment? Elles se rendirent en Californie par la route, puis s'embarquèrent sur le voilier Elena, le 27 mars 1853 pour arriver à Valparaíso, le 17 juin 1853, sur une terre étrangère où les sœurs durent quêter leur hospitalité, sans connaître les coutumes ni la langue.

Les autorités de l'Église et du gouvernement s'exclamèrent: "Voici les Sœurs de la Charité que le Seigneur nous envoie! "

La Serena, Chili / Limache, Chili Les temps furent difficiles, les orphelins requérant des soins. L'offre de s'en occuper fut acceptée et ce fut le commencement de l'œuvre de la Providence au Chili. Quelques sœurs revinrent au Canada. D'autres arrivèrent à la nouvelle mission. Mère Bernard ne revit jamais sa chère patrie, mais son cœur resta fidèle au testament de Mère Émilie Gamelin:"Humilité…Simplicité…Charité…surtout Charité."
Mère Bernard établit de nombreux orphelinats, hôpitaux et écoles dans tout le pays. On la disait "modèle de force et sublime en charité". En 1880, elle fut nommée supérieure générale, établissant ainsi une communauté chilienne indépendante sous le nom de "Sœurs de la Providence du Chili". Son amour et son dévouement pour le peuple du Chili furent si grands que le Président de la République lui décerna, à l'âge de 93 ans, la Médaille du mérite, la plus haute décoration du pays.

Lorsque Mère Bernard s'éteignit à l'âge de 96 ans, en 1929, le quotidien "El Mercurio" écrivit : "Chargée de mérites, elle s'est inclinée vers la terre, comme une branche qui ploie sous le fardeau de nombreux fruits…vie consacrée à prodiguer la consolation, à prêter son aide… attitude maternelle, toujours prête à recevoir le pauvre…canadienne d'origine…elle a fait du Chili sa seconde patrie, à laquelle elle a consacré le riche trésor de son talent, de son labeur et de ses vertus."

Au fil des ans, les Sœurs de la Providence du Chili ont si bien conservé le charisme et la spiritualité des Soeurs de la Providence de Montréal que le 1er juillet 1970, les deux communautés se réunirent de nouveau.

La chapelle à la maison provinciale, Santiago, Chili.

 

 

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