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2017-04-13

Mon ministère

BÉNÉVOLE AUPRÈS DES FEMMES INCARCÉRÉES : Il y a plus de quatre ans, je commençais un service comme bénévole à la Maison Tanguay (prison pour femmes), sur le boulevard Henri-Bourassa, à Montréal.

 

Là encore, je dois dire qu'en mettant les pieds dans une prison, J'AI ÉTÉ VRAIMENT IMPRESSIONNÉE.  Et lorsque j'ai eu l'opportunité de voir ce qu'on appelle une « cellule » ou chambre d'une détenue dans laquelle deux personnes vivent ensemble et parfois trois pour la nuit, j'ai ÉTÉ VRAIMENT TRÈS IMPRESSIONNÉE, étant donné les dimensions des « cellules » à la Maison Tanguay.  Est-ce vraiment une situation humaine ?

 

Je considère les femmes incarcérées comme des pauvres à plusieurs points de vue car elles perdent tout, dès leur arrivée à la prison.  Effectivement, dès leur admission, elles perdent leur liberté, tous leurs droits. Elles sont séparées des membres de leur famille, de leurs amies et amis, de leurs souvenirs matériels. Très souvent, elles sont loin de la ville où elles résidaient et n'ont droit qu'à deux sacs de linge lors de leur incarcération.  MAIS, leur dignité est intacte.

 

POUR MOI c'est Jésus, présent en chacune des détenues qui est emprisonné avec elles, Lui qui a souffert sa Passion, a passé sa dernière nuit au cachot, sous ce qui est aujourd’hui l'église St-Pierre en Gallicante (Jérusalem) pour être, sans doute, condamné au petit matin.

 

Donc, encore en 2016, nous étions à la Maison Tanguay, mais le bâtiment se détériorant de plus en plus, après des pourparlers avec les autorités gouvernementales concernées, une décision a été prise: celle de déménager les détenues de la Maison Tanguay à l'Établissement de Détention Leclerc de Laval.  À la mi-février le déménagement était en cours avec tous les inconvénients que cela pouvait représenter pour les personnes incarcérées et les membres du personnel qui accompagnaient de près les détenues.

 

À la fin de février, le déménagement a été complété et la première célébration eucharistique, avec les détenues, a eu lieu le samedi, 27 février 2016.

 

On peut imaginer l'adaptation que cette transition peut nécessiter non seulement pour les personnes incarcérées, mais aussi pour le personnel immédiat travaillant avec elles.

 

Que puis-je faire pour les femmes incarcérées que je considère encore plus pauvres - car en prison, elles perdent leur liberté et tous leurs droits ?

Toutes les semaines, le samedi soir, comme je le faisais à la Maison Tanguay, je me rends à l'Établissement de Détention Leclerc de Laval, pour la célébration de la messe dominicale.  D'autres bénévoles y participent aussi, de même que les détenues désignées pour cette activité religieuse.

 

Je dois dire que l'ACCUEIL est très important, peu importe les personnes qui se présentent à la chapelle. Chacune a droit à un accueil de qualité.  Lorsqu'une détenue laisse sortir le trop-plein de ses émotions ou  sentiments douloureux et pleure durant la messe, je lui manifeste ma compassion et ma compréhension silencieuse, me faisant plus proche d'elle pour l'accompagner dans sa peine.

 

Après la messe, si elle le désire, je peux échanger avec elle, de façon brève, car les détenues doivent retourner dans leur secteur lorsque la messe est terminée.  Mais, j'essaie quand même d'échanger avec la personne quelques minutes en accordant le meilleur de ma capacité d'écoute contemplative. Je l'encourage à poursuivre sa démarche, l'assurant que Dieu est toujours avec elle, qu'Il demeure en elle et en lui promettant de la soutenir par ma prière.

 

Pour les détenues qui vont quitter la prison dans un avenir prochain, à la fin de la messe, nous vivons avec elles un petit rituel en leur remettant une icône du Pentocrator.  Au verso de cette page le texte du livre d'Isaïe, chapitre 43, versets 1 à 5 est imprimé.  Alors, avant de leur remettre la feuille, je lis le début et la fin du texte: « Tu as du prix à mes yeux, tu as de la valeur et je t’aime.  C’est moi qui t’ai créée, qui t’ai formée _prénom de la personne_ je t’ai appelée par ton nom, tu m’appartiens. . . . . . . . . Ne  crains pas, car je suis avec toi. »  Étant donné que nous avons des copies en français, en anglais et en espagnol, chaque personne peut recevoir une copie dans sa propre langue.

 

En terminant ce partage sur le vécu de  mon MINISTÈRE comme bénévole, je peux affirmer que, malgré la fatigue à certains jours, je goûte beaucoup de BONHEUR en vivant ces deux ministères, soit au département d'hémodialyse de l'Hôpital du Sacré-Coeur de ontréal, et à l'Établissement de Détention Leclerc de Laval.

 

En toute sincérité, toutes ces personnes, autant à l'hôpital qu'à la prison, m'apportent beaucoup plus que ce que je peux leur offrir.  Elles sont, pour moi, des témoins de COURAGE et de PATIENCE, d'ESPÉRANCE, d'ENDURANCE parfois.

 

Je suis gagnante dans mon travail comme bénévole dans chacune des deux sphères où j'exerce mon MINISTÈRE, alors que je donne de mon temps pour mes sœurs et mes frères en Jésus Christ, et surtout, Dieu aidant, je donne le meilleur de moi-même.

 

 Claudette Chénier, s.p.

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