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2012-06-06
Le naufrage du Titanic: la vision des Soeurs de la Providence
Le 10 avril 1912 partait de Southampton (Angleterre), pour son premier et dernier voyage, le navire éminemment connu appelé Titanic. L’énorme paquebot de 46 000 tonnes, avec à son bord approximativement 2200 passagers et membres d’équipage, heurte un iceberg près des côtes de Terre-Neuve (Canada) dans la nuit du 14 au 15 avril et fait environ 1500 victimes. L’histoire est notoire et revient présentement dans l’actualité avec la commémoration du centenaire du naufrage. Alors, pourquoi ressasser encore une histoire relatée maintes fois? Simplement parce que les Soeurs dela Providence de 1912 ont aussi été touchées par cette tragédie!
C’est par une pure coïncidence, lors d’une toute autre recherche dans les archives, que j’ai aperçu la mention « Titanic » dans les chroniques de la Maison mère. Intriguée, je me suis mise à lire le texte finement calligraphié s’étalant sur trois (3) pages pleines. Je n’ai pu m’empêcher de remarquer à quel point l’annaliste était informée des faits. On titre, entre autre, dans les marges : « Le naufrage du « Titanic » », « Scène horrible », « Orgueil anéanti ». De quoi attirer l’attention. Je n’ai pu faire autrement que de lire le récit même si je connaissais l’histoire par cœur. Je me suis ensuite demandé si d’autres chroniques de la congrégation recelaient aussi des bribes d’information sur le Titanic.
Lors des événements, en avril 1912, cent vingt-quatre (124) établissements des Soeurs de la Providenceétaient ouverts un peu partout au Canada et aux États-Unis. Pour connaître l’impact de la nouvelle, les chroniques de chacun d’entre eux furent consultées lorsqu’il y avait mention d’ « avril 1912 ». Mentionnons qu’en 1912 plusieurs institutions des Sœurs de la Providence sont à peine naissantes ou à leurs premiers balbutiements, et majoritairement dans des missions ou villages éloignés, donc moins au fait de l’actualité. Il faut savoir aussi que les chroniques ne relataient souvent que les événements (plus souvent religieux) reliés directement à leur établissement ou à la congrégation et n’étaient pas écrites quotidiennement. Voilà probablement les raisons pour lesquelles seulement quatre (4) chroniques d’institutions mentionnent le naufrage du Titanic. La cause principale de cette absence est sans doute que la nouvelle a été relatée dans l’édition mensuelle d’avril 1912 du Petit Journal de la Providence, publication distribuée dans l’ensemble dela congrégation. On peut donc croire qu’il était inutile, pour les annalistes, de récupérer l’information.
Marie-Claude Béland, Archiviste
Archives Providence, Montréal
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